Le Cinéma Israélien 1948-2000

Moshe Zimerman
Préface à l'édition française
Nadav Lapid


Israël brûle de sens. C’est logique pour un lieu qui a d’abord été pensé et ensuite construit. D’abord il y a eu le sens et après la chose concrète. De sorte que du moins au début, rien n’était fortuit. Tout frémissait de contenu. Les murs des maisons étaient des idées en pierre. Tout comme les routes, les trottoirs et la plage. Et quand l’arbitraire est advenu, il ne pouvait pas l’être parce qu’il était une réaction au sens, une révolte, un crachat.
Par conséquent, Israël est devenu un sujet de prédilection pour les analyses, les interprétations, l’état des lieux en profondeur, les articles exhaustifs, les réflexions, etc. Il ne reste presqu’aucune composante qui n’ait été parcourue, disséquée, et pour preuve son cinéma - dont nombre de films loués par la critique n’ont rien à envier à d’autres pays - qui suscite beaucoup de commentaires dans le monde. Par exemple, les Français. Car il est clair que le monde est saturé d’arbitraire, de hasard et de vie vécue par chacun mais difficile à dire. Et voilà une république de sens, qui fut une proposition avant d’être une terre, alors quel mal y aurait-il à la ramener à une proposition ?

Nadav Lapid

 

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