Ozu à présent

Sous la direction de Diane Arnaud et Mathias Lavin


Ozu à présent
Sous la direction de Diane Arnaud et Mathias Lavin

Cinquante ans après la mort de Yasujirô Ozu, ses films paraissent toujours actuels. Gosses de Tokyo, Printemps tardif, Le Goût du saké continuent de surprendre, d’intriguer, d’inspirer leurs spectateurs. Cet ouvrage tente de découvrir les différentes formes de présence du cinéma d’Ozu dans la création et la pensée contemporaines. Il était donc naturel de faire appel à des spécialistes, appartenant à des générations différentes et qui viennent d’horizons proches ou lointains, du Japon aux États-Unis en passant par l’Europe, pour arpenter cette voie nouvelle. Avec des approches variées, ces universitaires, critiques et artistes, tous amateurs du cinéaste de Voyage à Tokyo, éclairent la singularité de ses œuvres et la nature de leur rayonnement. Ils nous invitent à emprunter des chemins de traverse pour dessiner les contours d’un territoire ozuien.
Tout d’abord en précisant l’évidence des hommages – rendus par Wim Wenders, Hou Hsiao-Hsien, Pedro Costa, Claire Denis, Abbas Kiarostami, et Víctor Erice – qui font écho à la joyeuse sobriété du maître japonais. Puis, des résonances plus imprévues sont proposées du côté de Chantal Akerman, Takeshi Kitano, Terrence Malick, Hong Sang-Soo, Gus Van Sant, Alain Resnais, ou Kiyoshi Kurosawa… L’exigence formelle et la liberté de ton de ces cinéastes renouvellent les formes d’expressions chères à Ozu, comme la présence dans l’absence, la durée prolongée, le flottement du point de vue, la répétition narrative. Encore de nos jours, son art reste au cœur de la réflexion sur la modernité cinématographique, philosophique ou culturelle. D’ailleurs, au terme de cet essai consacré à l’importance actuelle de Yasujirô Ozu, les femmes auront le dernier mot.